Bonjour à tous,
Je reviens sur mon message précédent parce que l'idée du spectacle de magie pour enfants en Auvergne continue de tourner dans ma tête. Au départ je voyais surtout cela comme une piste parmi d'autres. Maintenant je commence à regarder ce qu'il y a réellement derrière. Et forcément, dès qu'on quitte l'idée sur le papier pour penser au matériel, aux enfants, aux trajets et aux salles, cela devient un peu différent.
J'ai continué à regarder les annuaires, les petites annonces et les sites d'artistes. Il y a de la
magie sous beaucoup de formes. Close-up, mariage, anniversaire, spectacle de scène, enfants. Donc dire qu'il n'y a presque personne serait un peu rapide. Par contre il y a peut-être encore une place pour quelque chose de vraiment construit pour les enfants, avec un début, une histoire, des moments où ils participent et surtout un rythme qui ne les laisse pas partir ailleurs au bout de dix minutes.
C'est là que je garde mon idée des « Secrets du Volcan Dormant ». Le nom peut encore changer mais le principe me plaît. Un vieux sorcier auvergnat, un volcan qui refuse de se réveiller, un dragon quelque part dans l'histoire, des objets qui disparaissent et d'autres qui reviennent au mauvais endroit. Les enfants doivent aider. Pas uniquement lever la main toutes les trente secondes. Ils choisissent, donnent une réponse, disent une formule, quelquefois un enfant vient devant et les autres restent dans l'histoire depuis leur place.
Au début j'avais écrit « close-up + grandes illusions transportables dans un break ». Sur le papier c'était beau. Mais plus j'y pense et plus le mot transportable me fait rire. Une illusion peut entrer dans le coffre et quand même être une horreur à utiliser. Il faut sortir la caisse, passer une porte, quelquefois monter trois marches, traverser une cour, installer le matériel et recommencer dans l'autre sens après le spectacle. Si une école me donne une salle au premier étage sans ascenseur, mon illusion qui rentre parfaitement dans le break devient tout de suite moins intéressante.
Je regarde donc chaque numéro autrement. Est-ce qu'un enfant assis au fond voit réellement ce qui se passe ? Est-ce que le matériel se monte rapidement ? Si je dois jouer devant 60 ou 70 enfants, est-ce que l'effet reste compréhensible pour celui du dernier rang ? Voilà le genre de détail qui m'intéresse maintenant plus que le nombre de tours.
J'ai regardé aussi comment travaille un
magicien de la région Lyonnaise. Pas pour reprendre ses numéros, mais pour voir comment les prestations sont séparées. Enfants, mariage, close-up, anniversaire. Cela paraît évident, mais lorsque l'on démarre on a vite envie d'écrire que l'on fait tout. Le lundi une école, le samedi un mariage, le dimanche un anniversaire et pourquoi pas un restaurant entre les deux. À la fin le visiteur ne sait plus très bien ce que l'on propose réellement.
Je préfère donc rester sur les enfants.
J'avais écrit 4 à 10 ans. Maintenant je trouve cette tranche un peu large. Un enfant de 4 ans et un enfant de 10 ans ne réagissent pas de la même manière. Le plus petit peut rire simplement parce qu'une baguette tombe trois fois. Le plus grand comprend déjà que quelque chose est préparé et il va chercher comment le tour fonctionne. Si je parle de la même manière aux deux, je risque d'en perdre une partie.
L'idée serait donc de garder le même spectacle mais avec des passages que l'on peut raccourcir, retirer ou remplacer. Pas deux spectacles complets au départ. Déjà en faire un correctement serait pas mal.
Pour la participation aussi je suis revenu en arrière. Au début je voulais beaucoup d'enfants sur scène parce que « spectacle participatif », cela sonne bien. Mais si toutes les cinq minutes je demande qui veut venir, je vois déjà les vingt mains qui se lèvent. Celui qui n'est jamais choisi finit par ne regarder que cela et ne suit plus l'histoire.
Je préfère qu'un enfant monte lorsqu'il y a une vraie raison. Il tient quelque chose, choisit un objet ou devient pendant deux minutes celui qui va permettre au tour d'arriver. Puis il retourne à sa place. Ensuite tout le groupe peut participer autrement. Une formule, un choix, une réponse. Cela évite aussi de transformer le spectacle en file d'attente.
Et il y a le fameux cadeau.
La petite baguette en bois à 3,50 euros me plaisait beaucoup. Sur dix enfants cela reste encore raisonnable. Sur vingt-cinq, le calcul commence déjà à changer. Et sur une école je n'en parle même pas. Donc là aussi je vais probablement simplifier. Peut-être une baguette pour l'enfant qui fête son anniversaire, ou un petit souvenir seulement dans certaines formules. Parce que donner un cadeau est sympathique, mais si je découvre au bout de dix dates qu'une partie de mon bénéfice part dans un carton de baguettes, j'aurai simplement déplacé le problème.
Même chose avec mes tarifs.
220 à 280 euros pour un anniversaire, cela peut paraître correct lorsque l'on regarde uniquement les 45 minutes de spectacle. Mais les 45 minutes ne commencent pas au moment où je ferme la porte de chez moi. Il y a le trajet, le chargement, l'arrivée, l'installation, le spectacle, le rangement et le retour. Et quelquefois un organisateur va dire « vous pouvez arriver vers 13 h 30, les enfants seront là à 14 h 30 ». Cela fait déjà une heure qui n'était pas dans le calcul de départ.
Le problème des trois ou quatre dates par week-end est le même. Dans ma tête c'était simple. Une le matin, deux l'après-midi. Mais tout le monde veut souvent les mêmes horaires. Un anniversaire à 15 heures, un autre à 16 heures à 45 kilomètres, cela ne fait plus deux prestations. Cela fait une prestation et un problème. Je préfère donc calculer avec deux dates qui s'enchaînent correctement plutôt que rêver à quatre dates tous les samedis.
Cela rejoint d'ailleurs ce que je regardais avec les
animations gonflables. Vu de l'extérieur, le client voit une animation installée. Il ne voit pas le reste. Le véhicule, le chargement, l'accès au terrain, la prise électrique, le temps de montage, la pluie qui arrive ou l'endroit qui devait être plat et qui finalement ne l'est pas vraiment. Pour un spectacle c'est moins lourd mais le principe reste un peu le même. Le public voit 45 minutes. Celui qui travaille autour voit beaucoup plus.
Je veux aussi rester raisonnable sur le décor. Un volcan de trois mètres avec fumée et dragon serait magnifique, jusqu'au jour où il faut le charger seul sous la pluie à 22 heures. Je préfère un décor qui donne l'univers immédiatement, mais que je peux monter seul. Une toile, deux ou trois éléments forts et quelques accessoires qui ont réellement un rôle.
Il faut aussi penser au son. Dans un salon avec douze enfants, ma voix peut suffire. Dans une salle des fêtes avec 70 enfants, des parents au fond et des chaises qui bougent, ce n'est plus la même chose. Une petite enceinte autonome et un micro peuvent devenir plus importants qu'un tour supplémentaire.
Ce sont justement les détails que j'avais oubliés dans mon premier message. Je regardais surtout le marché. Maintenant je regarde ce qu'il faut faire une fois que le téléphone sonne.
Par exemple une école appelle. Elle ne va pas forcément me demander si mon univers est « immersif ». Elle va demander combien d'enfants peuvent regarder, combien de temps dure le spectacle, à quelle heure j'arrive, quelle place il faut et si j'ai besoin d'une prise. Et si je réponds « je ne sais pas encore, cela dépend », je ne vais pas rassurer grand monde.
Même chose pour un anniversaire. La mère peut me dire qu'elle a quinze enfants et un salon. Là, le vrai sujet n'est plus la Chaîne des Puys. Il faut savoir si mon décor tient dans la pièce sans que les enfants soient assis à trente centimètres de la première table.
J'ai donc regardé aussi
ce spectacle enfants en Auvergne. Cela permet de voir qu'il existe déjà des artistes sur le terrain et c'est important. Dire « il n'y a personne en Auvergne » serait faux et surtout inutile. S'il y a déjà des artistes, cela veut aussi dire qu'il y a des écoles, des communes, des associations ou des familles qui achètent ce genre de spectacle.
La question devient plutôt : qu'est-ce que je propose de suffisamment clair pour que quelqu'un me choisisse ? Je ne pense plus que la réponse soit « des tours plus modernes ».
Un vieux tour bien présenté peut faire rire une salle entière. Un tour acheté hier peut être complètement plat si l'histoire autour ne tient pas. Donc mon dragon, mon volcan et les objets colorés ne serviront à rien si je passe cinq minutes à expliquer pourquoi une boîte est vide avant qu'il se passe quelque chose.
Il faut du rythme.
Pas forcément courir.
Mais quelque chose doit toujours avancer.
Une question. Une erreur du sorcier. Un objet qui apparaît. Un enfant qui intervient. Une petite attente. Puis l'effet.
Et si un enfant parle au mauvais moment, cela arrivera. Le spectacle doit pouvoir absorber cela. Si tout mon texte s'écroule parce qu'un petit crie la réponse avant la fin, c'est qu'il est trop fragile.
Répéter le tour est une chose. Répéter ce que l'on fait quand l'enfant ne répond pas, quand il répond trop vite, quand il ne veut plus monter ou quand trois autres se lèvent en même temps en est une autre.
J'ai été aussi
voir ce site pour regarder comment une prestation peut être expliquée simplement. Là encore ce n'est pas pour reprendre des textes. Je veux surtout éviter de construire un site où il faut cliquer six fois avant de comprendre que je propose un spectacle pour enfants.
Sur magicien-auvergne.fr, je vais faire simple. Le spectacle, la durée, les âges, quelques vraies photos, la place nécessaire, la zone de déplacement, ce que j'apporte et ce que l'organisateur doit prévoir. Et un formulaire qui ne demande pas le nom du chien avant d'envoyer une demande.
Pour Noël, je garde mon objectif mais je le regarde autrement. Quinze dates, pourquoi pas. Mais je préfère cinq vraies dates bien préparées que quinze prises trop vite alors que je découvre encore comment installer le matériel.
Il y a aussi le statut. J'avais parlé de micro-entreprise dès la semaine prochaine. Je vais vérifier cela correctement avant de faire quoi que ce soit, parce que dans le spectacle il y a des règles particulières et je n'ai pas envie de choisir un statut uniquement parce qu'un formulaire paraît facile à remplir.
Donc non, je ne pense plus vraiment avoir découvert « une pépite qui dort ».
Je pense plutôt avoir trouvé une piste intéressante.
Ce n'est pas pareil.
La pépite laisse croire qu'il suffit de se baisser. Là il faut écrire, répéter, acheter le bon matériel, enlever celui qui ne sert à rien, tester le temps de montage, vérifier que tout rentre dans la voiture et surtout réussir à garder les enfants avec soi pendant 45 minutes.
Et c'est probablement beaucoup plus difficile que de trouver un nom de domaine.
Le volcan reste donc. Le dragon aussi. Mais je vais arrêter de lui construire un château avant de savoir s'il entre déjà dans le coffre.
Pour ceux qui travaillent avec des enfants, vous feriez quoi au départ ? Un seul spectacle très travaillé avec quelques variantes suivant l'âge, ou deux spectacles différents dès le début ?
Et pour ceux qui ont déjà enchaîné des dates, quel est le détail bête qui vous a fait perdre le plus de temps au début ? Le chargement, les horaires, les salles, le son, les organisateurs qui changent l'heure au dernier moment ?
C'est surtout ce genre de retour qui m'intéresse maintenant. Les choses que l'on ne voit pas quand on prépare tout tranquillement derrière son ordinateur et qui deviennent évidentes le jour où il faut arriver, installer, jouer, ranger et repartir.
Et pour les structures gonflables de mon ancien message, oui, chut encore un peu.
Si je continue comme cela je vais finir avec un dragon dans le break et un château gonflable sur le toit.
Merci pour vos retours.